Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /2009 20:56
Il est des procureurs plus respectables que d’autres… Celui de la province de Tucumán en Argentine, Antonio Gustavo Gómez, se bat pour que les crimes commis pendant la dictature soient punis. Il est également très impliqué dans la lutte contre les crimes écologiques. L’homme a donné, samedi au CICP, une conférence sur l’exploitation minière en Amérique Latine. Compte-rendu.

Exploitation minière en Argentine : la résistance d’un procureur

mardi 20 octobre 2009, par Margot K 
 article tiré de Article XI (http://www.article11.info/spip/spip.php?article582)

 

Le CICP, samedi, 14 h. Peu de monde pour la conférence - nous ne sommes pas plus d’une trentaine - , mais les représentants des collectifs présents se débrouillent quand même pour assurer la traduction, histoire de permettre aux rares non-hispanophones d’entraver quelque chose aux propos de l’homme venu exposer son combat pour la reconnaissance du crime écologique. À la tribune, donc, Antonio Gustavo Gómez. Invité par les collectifs "Pour la Mémoire", "Malgré tout" et "D’un plateau à l’autre", l’homme évoque longuement son combat contre les crimes écologiques. Une lutte qui mérite d’être relayée.


Reprenons. En 1998, le secrétaire d’état à l’Environnement a sonné l’alarme : l’Alumbrera, mine d’exploitation à ciel ouvert dans la province de Tucumán, est responsable d’une pollution aquatique mortelle, accuse t-il. D’abord parce qu’elle utilise des explosifs très puissants pour extraire le minerai de la roche. Mais surtout parce que - une fois les résidus de minerai dégagés du « bouillon d’or » - l’eau ayant servi à son acheminement par les minéraloducs (longs de plusieurs centaines de kilomètres) est rejetée dans un canal ; lequel se déverse dans un fleuve. Autrefois on pêchait dans ce dernier des dorades de vingt kilos ; aujourd’hui, on les aperçoit qui flottent sur le dos…
Le dommage ichtyologique n’est pas le seul ni le plus important : cette eau polluée est utilisée par les populations locales pour leur vie quotidienne. Avec des conséquences sanitaires d’autant plus considérables que la soupe chimique, utilisée pour débarrasser les métaux de leurs impuretés, contamine les nappes phréatiques qui sont, avec les fleuves, les ressources fondamentales d’une région particulièrement aride.

Le secrétaire d’état à l’Environnement a donc sonné l’alarme en 1998. Pour toute réponse, le brave homme a été destitué. En Argentine, on aime tellement les écolos qu’on cherche à leur éviter le surmenage… Évidemment, c’est une question d’oseille. Bien évidemment. C’est une firme occidentale - formée de capitaux suisses et domiciliée dans un paradis fiscal sur une de ces charmantes petites îles des Caraïbes où le sable est blanc et où le fric se multiplie sans faire de bruit - qui exploite cette mine. Un exemple plus que courant en Amérique du Sud. Et les collectivités, pour la défense de l’entreprise, ont beau attester le nombre d’emploi permis par l’implantation de ces firmes, elles ne mentionnent pas que ces dernières exportent la quasi totalité de leur exploitation…

Et notre procureur ? En 2002, Antonio Gustavo Gomez a pris connaissance du dossier de l’Alumbrera, lequel contenait une série de plaintes pour dommages graves. L’Argentine est un pays fédéral, avec des lois qui s’appliquent à deux niveaux : le pays et la région. Le dossier avait été gelé sous le prétexte que, du point de vue de la loi fédérale, la mine (qui consomme l’équivalent en électricité de la moitié de Paris) respectait les taux de pollution. Il ne fut pas difficile de rappeler que, constitutionnellement, la loi fédérale tombe sous le coup de la loi nationale.
Finalement, un dossier d’instruction a pu être ouvert contre le vice-président de la firme, qui risque jusqu’à vingt ans de prison. C’est là une partie du combat du procureur Gomez, faire comprendre qu’il ne sert à rien de condamner à de simples amendes : face aux bénéfices de ces entreprises, les amendes ne seront jamais qu’une goutte de sulfure dans la soupe chimique. Payer, ils pourront toujours. Condamner à une peine financière, c’est jouer le jeu du libéralisme glacial qui parvient à acheter un droit à la dégradation de la santé des peuples, un droit au meurtre indirect et qui met un chiffre sur les vies humaines. Combien vaut ta santé ? Et tes poumons ? Et ton cœur ? Combien valent tes yeux ? « La unica cosa que no pueden soportar es la prision ! »


L’Alumbrera n’est pas isolé. La culture de canne à sucre et les usines de fabrication de papier sont également des cas dans lesquels le procureur se bat pour que soit reconnu le droit à la santé des populations aborigènes, les premières à souffrir de la pollution des ressources aquatiques. La maltraitance par les gouvernements d’Amérique du Sud des populations Indiennes n’est pas un scoop, et la lutte pour la protection de leur mode de vie et de leur environnement, loin d’être terminée. C’est donc avec une visible émotion que le procureur a évoqué ces cas où, par le levier du peuple, les institutions fédérales n’ont eu d’autres choix que d’ouvrir des dossier.
À l’image de cette brûlerie de canne, dont les cendres se déposaient partout à 20 kilomètres à la ronde, s’immisçant dans les moindres recoins des maisons et des corps. Devant le refus du procureur général de se pencher sur la question, les femmes de la région se sont relayées pour lui apporter quotidiennement un kilo de cendre, jusqu’à 40 kilos par jour au total. L’homme de loi leur a dit : « D’accord, je vais voir ce que je peux faire, attendez un petit peu. » Elles ont attendu. Mais rien. Les femmes ont alors recommencé, augmentant même leurs livraisons quotidiennes. Une opiniâtreté qui a fini par payer : le procès a eu lieu, les brûleries ont été condamnées à mettre des filtres sur leurs cheminées et la cendre ne tombe plus sur les villes alentours.

Plus que le soutien du peuple, c’est son implication qui a été décisive dans la conduite adoptée par les autorités judiciaires. Les entrepreneurs l’ont très bien compris, eu qui ont cherché des moyens pour désengager les gens de ces causes communes. Ce qu’Antonio Gustavo Gomez résume, avec un dégoût certain, par le terme de « corrupcíon social ».
En pratique ? Ces entreprises, qui engrangent des capitaux gigantesques, financent églises, écoles, hôpitaux et autres structures civiles : la volonté de lutter se trouve ramollie. Un autre moyen consiste à pourvoir les dossiers en Cour de Cassation, à Buenos-Aires : plus de 2 000 kilomètres séparent alors le lieu du procès, et donc les représentants de la justice nationale, de sa province d’origine. Le soutien du peuple est étouffé.

 

 

Je ne vous ai pas encore dit le plus beau de l’histoire. Cet homme qui travaille depuis plus de vingt ans sur ce que peut signifier le crime écologique, qui milite pour la création d’un tribunal pénal international avec IAES, n’a pas obtenu de la part du gouvernement argentin de partir en Europe en tant que fonctionnaire. Il a donc du ruser et poser des jours de congé pour se rendre à Bruxelles, au parlement européen, pour discuter d’une éventuelle coopération internationale.

Par Collectif D'un plateau à l'autre
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 23:27

TODO LO QUE USTED SIEMPRE QUISO SABER SOBRE LA MINERÍA, PERO NUNCA SE ATREVIÓ A PREGUNTAR

 

 

Dossier preparado por la Fundación PROHUNA

 

 

¿De que hablamos cuando hablamos de Minería?

La minería es la obtención selectiva de los minerales y otros materiales a partir de la corteza terrestre. También llamamos minería a la actividad económica primaria relacionada con la extracción de elementos de los cuales se puede obtener un beneficio económico.

Si bien esta primer definición nos habla de una actividad económica que desarrolla el hombre en busca de beneficios, de ninguna manera podemos concebirla en abstracto, ignorando el contexto donde se lleva a cabo o solo privilegiando su aspecto económico empresarial.  La definición también nos habla de la obtención de minerales a partir de la corteza terrestre, razón por la cual entramos de lleno en un contexto ambiental. De igual manera, toda actividad económica se encuentra regida por normativas que la regulan y controlan, encuadrándolas dentro de un contexto jurídico legal. Finalmente, y el más importante de todos, está el contexto humano y social. En definitiva, el hombre será el depositario de los beneficios y de los perjuicios que la minería le produzca.

Por todo esto, debe quedar en claro que cada vez que hablamos de Minería, hablamos de un todo indivisible conformado por lo económico, lo ambiental, lo legal y lo social. Privilegiar a cualquiera de las partes por sobre el resto, inevitablemente generará conflicto social e impedirá el desarrollo de la actividad [...]

cliquez sur le lien ci-contre pour télécharger la suite de l'article

 

Par Collectif D'un plateau à l'autre
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /2009 22:21


Samedi 10 Octobre à 14 h

Conférence Débat avec le Procurer de Tucumán sur les droits environnementaux et la Cour Pénale Internationale

 

Le « Collectif Argentin pour la Mémoire », le « Collectif Malgré Tout » et le « Collectif D’un plateau à l’autre », ont l’honneur de présenter:


M. Antonio Gustavo Gómez, Fiscal (procureur) de Tucumán- Argentine

Le programme:

14H : Conférence de Mr le Procureur ANTONIO GOMEZ.

(Traduction au français)


15h: Film:"El azúcar y la sangre" (90 minutes) -documentaire

(En espagnol)


16H40: Débat


Vente de vin et empanadas : 5 euros ou plus (contribution aux frais)


18H : Fin de la rencontre.


Adresse : C.I.C.P. - 21 ter rue Voltaire - 75011-Paris –

Métro : Rue des Boulets  ou Nation

avec le soutien de:
F.A.L (France Amérique Latine)
Collectif Tchinaghen, Paix Solidarité
Nord-Nigerhttp://collectif-tchinaghen.over-blog.com/>
Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger

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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 19:03
Comunicado de Prensa          26-07-2009

 

JUJUY | CIERRE DEL 10º ENCUENTRO NACIONAL DE LA UNIÓN DE ASAMBLEAS CIUDADANAS

 

Diez veces Sí a la Vida

 

Durante los días 24, 25 y 26 de julio en la ciudad de Libertador Gral. San Martín, más de 300 representantes de asambleas de vecinos por el agua y la vida, movimientos campesinos e indígenas y organizaciones sociales de todo el país participaron de la 10º Asamblea de la UAC bajo la consigna “Contra el Saqueo de los Bienes Naturales y la Contaminación, por la Soberanía Alimentaria y la Vida”,

 

El Encuentro de Unión de Asambleas Ciudadanas (UAC) se inició el viernes 24 con una gran marcha en la ciudad de San Salvador de Jujuy que culminó en la Casa de Gobierno,  donde las organizaciones se manifestaron en rechazo al modelo de saqueo de los bienes naturales y a la contaminación. Entre otras provincias, estuvieron presentes Jujuy, Catamarca, San Juan, Mendoza, Chubut, Tucumán, Córdoba, Buenos Aires, Santiago del Estero y Salta.

 

En el caso de la megaminería, el modelo se expresa a través de un sistema de producción que dinamita los cerros, utiliza químicos contaminantes y enormes cantidades de agua para separar los minerales de las rocas, generando grandes desechos tóxicos y contaminación. Este mismo modelo productivo se manifiesta en el campo, mediante el   monocultivo de la caña de azúcar o de la soja transgénica, expulsando a las comunidades originarias de sus ancestrales territorios.

 

 
 


Al término de la segunda jornada de la 10º UAC, la energía colectiva encontró a las organizaciones saliendo nuevamente a la calle, esta vez en Libertador San Martín dando lugar a lo que se convertiría en un histórico escrache a la empresa Ledesma S.A.A.I.  (Complejo agroindustrial: Ingenio azucarero, papelera, sojera, citrícola, petróleo, frigorífico, etc.).

 

Durante la marcha se denunció la enorme contaminación  que deriva de las grandes montañas de bagazo de la caña (causa de la enfermedad Bagazosis) que despiden diariamente un insoportable olor nauseabundo y putrefacto. Además, los piletones donde se depositan los desechos tóxicos de la industria papelera, volcados luego al  Río San Francisco, y las enormes chimeneas que despiden gases tóxicos generan una nube permanente en el cielo del pueblo de Libertador que tapa durante el día hasta los rayos del sol.

La marcha finalizó frente a la “Rosadita”, una enorme mansión de más de 100 años, repleta de mitos, que data de la época en que se esclavizaba a los pueblos aborígenes para trabajar en la zafra del ingenio, hasta la última dictadura militar, cuando  “Blaquier se reunía con el diablo en la habitaciones de la Rosadita”, como cuentan los  mayores. Imagen que muestra el imponente poder de la familia Blaquier, y detrás las chimeneas que bufan como si fueran “el familiar”. 

 

Ejes del Encuentro

 

Las principales problemáticas debatidas, giraron en torno a la relación entre los distintos problemas socioambientales en nuestros territorios: la megaminería, el avance de los agronegocios y la contaminación urbana, como parte de un modelo extractivo y de consumo que prioriza los negocios por sobre los bienes naturales y la salud de los pueblos. 

“Nos  pretenden confundir y disuadir con falsas promesas de trabajo y ‘desarrollo’.  Nada más alejado de la realidad. En cada territorio tenemos cada vez más pobreza y menos tierras”, como expresaron las organizaciones campesinas indígenas.   

 

Por otra parte, la criminalización de la protesta social como fenómeno que se expresa en las distintas provincias, amedrentando a las organizaciones que luchan por alternativas de producción sanas y se oponen a los mega proyectos expoliativos expresados en la complicidad entre multinacionales y gobiernos provinciales.

 

Los debates del encuentro también abordaron la temática del Ordenamiento Territorial, donde las organizaciones no han encontrado hasta el momento el espacio que por derecho les corresponde, a la hora de decidir sobre los futuros proyectos regionales.

 

Una vez más, se rescataron las experiencias de los movimientos campesinos e indígenas  en la defensa de los territorios, la soberanía alimentaria y el cuidado de los bienes comunes, buscando generar una  mayor articulación regional y latinoamericana con el resto de las organizaciones.

 

Se definieron numerosas propuestas y acciones sincronizadas a realizar en diferentes lugares del país durante el mes de septiembre, en contra del modelo sojero y mega minero.

 

A su vez, se manifestó un fuerte repudio a los fondos provenientes de  Minera Alumbrera destinado a las Universidades Nacionales. Así como al accionar del Gobierno peruano sobre las comunidades originarias de Bagua y al reciente golpe de Estado en Honduras.

 

Finalmente, se eligió como próxima sede del encuentro a la ciudad de Córdoba capital, para los días 11, 12, y 13 de diciembre de este año.

 

“Las organizaciones de todo el país queremos un modelo productivo que asegure un futuro libre para nuestros hijos e hijas. Un desarrollo que cuide la salud de toda la población del campo y la ciudad, que garantice una vida digna para los trabajadores y campesinos, respetando las culturas originarias y las organizaciones sociales. Queremos un modelo que priorice las formas de producción sustentables de cada uno de los territorios y valorice el conocimiento de sus pobladores ancestrales, el cuidado de nuestros montes, suelos y ríos, un modelo en el que participemos todas las personas con equidad y soberanía alimentaria”.

 

 
 



















 

Contactos: Julio : 03886 15555684   Ariel:  0388 154329833 Sebastian 0388 154785764

Jujuy10uac@yahoo.com.ar

 

 

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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 18:02

Le lundi 6 juillet 2009 une délégation composée des collectifs d’Un plateau à l’autre et Si a la vida s’est rendue à l’ambassade de l’Argentine pour remettre une pétition de plus de mille signatures afin de dénoncer à la Présidence l’implantation des mines d’uranium à Jujuy et les dangers pour les populations indigènes ou non indigènes, ainsi que les exploitations minières en milieu périglaciaire. 
 Mr Noël Mamère , député des Verts et maire de Bègles,  Mr Miguel Benasayag, philosophe et psychanaliste franco-argentin, mais aussi ancien opposant à la dictature, Mme Fausta Quattrini journaliste et réalisatrice du film « La Nación Mapuche », ainsi que Hélia Caceres membre de FAL (France Amérique Latine) étaient présents pour remettre les signatures. Le petit groupe comportait en tout huit personnes ainsi qu’un caméraman. 
 
Précisons d’emblée les conditions dans lesquelles la délégation fut reçue. Le matin le collectif d’Un plateau à l’autre avait téléphoné pour confirmer la visite à l’ambassade (prévue depuis une semaine)  et il avait été souligné que cinq personnes pourraient être reçues par Mme Estela Alejandra Bursese, secrétaire, Chargée des Affaires Multilatérales à l’ambassade d’Argentine, ayant pour mission de remonter l’information à Mr l’ambassadeur qui était absent ce jour là. A peine cette délégation (à savoir Noël Mamère, Miguel Benasayag, Fausta Quattrini, Helia Caceres, et un étudiant en Philosophie à la Sorbonne) eut-elle franchi le seuil de la porte que la secrétaire lui barra le passage,  arguant que seulement trois personnes pouvaient entrer,  en rappelant avec colère qu’ils étaient dans un « Etat de Droit » ! Dans la salle, cinq chaises avaient été prévues pour recevoir la délégation, ce qui permet d’inférer facilement que la restriction n’était certainement qu’un prétexte visant à déstabiliser les délégués . Mais le plus grave fut bien sur l’invocation de l’Etat de droit devant un ancien résistant à la dictature militaire des années 70 ayant perdu plusieurs membres de sa famille et ayant été torturé pendant les quatre années qu’il passa en prison. En effet, l’ancien militant à payé le prix cher pour que cet « Etat de droit » puisse exister ! De plus, la secrétaire ne connaissait aucune des personnalités présentes, pas même Mr Noël Mamère ni le parti des Verts auquel il appartient. La délégation fut donc particulièrement mal accueillie.


Après un relatif retour au calme, Mme Estela Alejandra s’est finalement résignée à laisser entrer les cinq personnes  et l’entretien a pu commencer. 

Miguel Benasayag a expliqué la démarche des deux collectifs  : faire savoir à la  présidente de l'Argentine  Madame Cristina Kirchner et aux membres de son gouvernement, notre souhait d'initier un dialogue sur la politique minière de l'Argentine. Ainsi il a d’emblée rappelé que la démocratie ne pouvait de baser autrement que sur le « conflit » et le respect des minorités et de la « multiplicité ». Il a, pour illustrer son propos, fait appel au fait que se tenait assis dans la salle un étudiant tenant sous son bras la pétition, en rappelant que pendant les débuts de la dictature militaire de telles démarches avaient été initiées par les étudiants et que celles-ci avaient été durement réprimées. Il s’agissait selon lui de mettre en parallèle les deux situations (sans les confondre) afin de mettre en évidence le fait que si l’on voulait que la démocratie perdure en Argentine, il fallait laisser une part de conflit entre les autorités et les opposants et accepter d’ouvrir le dialogue.
L’ancien résistant a ensuite expliqué que les deux collectifs se faisaient écho de la lutte du peuple de Jujuy contre l’installation des mines d’uranium à ciel ouvert dans le département de Tilcara. Il a affirmé que les dits collectifs marquaient ainsi leur solidarité avec les populations locales et contre les projets de mine à ciel ouvert, menés notamment par l’entreprise “Uranio del Sur S.A” ; projets qui menacent la Quebrada de Humahuaca (inscrite depuis 2002 au Patrimoine Naturel et Culturel de l’Humanité de l’UNESCO) et ses populations.Dans ce cadre ils avaient lancé une campagne d'appel à signatures à l’attention de la Présidente de la République d’Argentine, pour lui faire part de leur préoccupation sur les projets d’exploitation d’uranium. Il a également rappelé les actions menées depuis la France à savoir l’information et de sensibilisation quant aux méfaits irréversibles de l’industrie uranifère à ciel ouvert sur les populations autochtones, leur vie, leur santé, leur culture et mode de vie, ainsi que sur l’environnement en général, tant dans le Nord ouest d’Argentine qu’ailleurs. Il a alors sollicité le gouvernement de l'Argentine de laisser des espaces de dialogue autant en Argentine qu'à l'étranger pour échanger sur ce sujet. Selon lui, une démocratie n'est aujourd'hui pas concevable sans une prise en compte des enjeux écologiques: économie et écologie, problèmes sociaux et écologie font partie d'un tout dans nos démocraties contemporaines. Pour lui, écologie et démocratie sont donc intrinsèquement liées.  Pour finir, il a fait part du souhait des deux collectifs à savoir, que le gouvernement argentin intègre l'écologie dans le fonctionnement de la démocratie du pays.

 

La parole a ensuite été donnée à Mr Noël Mamère qui a rappelé qu’en septembre 2008 avait été crée à l'initiative de Miguel Benasayag le « Collectif d'un plateau à l'Autre » sur la base du collectif « Malgré tout »  et de celui « d'Areva ne fera pas la loi au Niger » crée à son  initiative en sa qualité de député Vert de la république Française et Maire de la ville de Bègles. La création du Collectif « d'un plateau à l'Autre », est pour lui une initiative que vise à créer un pont entre les pays du sud, qui subissent les conséquences désastreuses pour les populations et pour l'environnement de l'exploitation à ciel ouvert des mines d'uranium,. Les effets polluants des substances radioactives de ces mines, sont d'une extrême gravité pour la santé des populations, pour les terres, pour le bétail, les nappes phréatiques. Des substances dangereuses dont la durée de vie peut se compter en centaines, en milliers, voire en millions d'années. Ce fut l’occasion pour le député de montrer que L'expérience du nucléaire amène à des politiques centralisées et totalitaires, car le nucléaire, considéré secret d'état, instaure un système d'opacité en matière d'information, maintenant l'opinion publique à l'écart, dans une affaire de si haute importance pour les citoyens, dans un état de droit. Les décisions sont prises en haut du pouvoir, la participation citoyenne et des alternatives qui se posent aux différents échelons territoriaux sont exclues. « En créant ce collectif, nous souhaitions alerter le gouvernement et l'opinion publique d'Argentine, sur les risques pour le peuple de Jujuy de l'exploitation des mines d’uranium à ciel ouvert dans le département de Tilcara, par l'entreprise « Uranio del Sur S.A », et exprimons notre solidarité avec les populations affectées par ce problème, notre démarche s'inspire des principes des droits humains, et en particulier de ceux concernant les droits de tous à vivre dans un environnement propre et sain. »Ce fut ensuite au tour de la franco- péruvienne, Helia Caceres, qui fit part de son  souhait d’attirer l'attention du gouvernement argentin, sur le dangers de l'industrie du nucléaire, pour les générations présentes et futures, cette industrie impliquant des dangers tout autant pour les peuples qui exploitent les matières premières, que pour les populations qui vivent dans les territoires où opèrent les centrales nucléaires, sachant qu’ aucun pays n'a trouvé jusqu'aujourd'hui une solution pour le traitement des déchets radioactifs. Elle a aussi exprimé son souhait de voir l'Argentine devenir un pays exemplaire en matière de développement durable, et face à la crise énergétique, de parier pour une politique basée sur les économies d'énergie, sur l'efficacité énergétique et sur les énergies renouvelables, plutôt que sur le nucléaire et d'impulser une politique énergétique et minière qui protège la santé et la vie du peuple argentin et qui préserve l'environnement.Puis ce fut au tour de Fausta Quattrini de parler. Fausta Quattrini, journaliste, réalisatrice des documentaires, notamment sur le peuple Mapuche.
Ayant travaillé dans la province de Neuquèn pour réaliser le film La Nacion Mapuche, celle-ci avait dénoncé le fait que :   - Les dégâts sur l’environnement occasionnés  par la politique minière et pétrolière  ne soient ni comptabilisés ni pris en charge par personne (ex. Loma de la Lata, Province de Neuquèn).
                             - Les forces de l’ordre continuent de chasser par la force de leurs terres ancestrales des familles et des communautés Mapuches pour faire place aux sociétés d’extraction minière, pétrolière, gazifière, etc. (ex. Barda Negra, Lof Maliqueo, Province de Neuquèn – Zona del Arco, Aluminé, Province de Neuquèn – Zapala, Lof Gelay-Ko, Province de Neuquèn, etc, etc).
                            - L’état argentin ne respecte pas sa propre constitution ni à niveau provincial (art 53 de la  province de Neuquèn) ni national (en 1994, avec l’adoption de la Convention 169 de l’OIT -Organisation Internationale du Travail- relative aux Peuples Indigènes et Tribaux, l’Etat argentin s’est engagé internationalement reconnaissant constitutionnellement “la préexistence ethnique et culturelle des peuples indigènes d’Argentine” ainsi que "le droit ancestral des peuples originaires à la terre").
 
Enfin, Donatien Costa du Collectif Sí a la vida, étudiant en philosophie à la Sorbonne, s’est manifesté pour dénoncer également l’exploitation minière en milieu périglaciaire et en particulier le projet de Pascua Lama et la mine de Veladero, tous deux situées à San Juan en plein milieu des Glaciers. Il a alors rappelé l’importance des glaciers comme source d’eau et de régulateur hydrique dans un milieu aride et que toutes les activités humaines animales ou végétales,  situées dans ses contrées, en dépendaient. Il a fait part de son inquiétude face à ce genre d’exploitation qui risque d’accélérer la fonte de ces monstres de glaces, déjà largement entamée par le réchauffement climatique.  

La délégation à remis la pétition à la secrétaire afin que celle-ci la donne à l’ambassadeur qui la fera normalement remonter à la présidente  Madame Cristina Kirchner. 
Notons que tout le long de l’entretien la secrétaire à noté avec zèle tout ce qui avait été dit quitte à faire répéter les délégués. Malgré l’accueil quelque peu inhospitalier, les deux collectifs Français ont bon espoir d’obtenir satisfaction, ou tout du moins de constater que leurs revendications ainsi que la pétition soient transmises à la Présidence argentine. Les collectifs veilleront à ce que cela soit fait, quitte à réitérer la demande d'un rendez-vous avec l’ambade d'Argentine.

En espanol:

El lunes 6 de julio de 2009, una delegación de los colectivos D’un plateau à l’autre y Si a la vida se presentó a la embajada argentina para entregar un petitorio de más de mil firmas, con el fin de denunciar ante la Presidencia de la Nación la implantación de minas de uranio en la Provincia de Jujuy y la explotación minera en un medio ambiente periglaciar, así como los peligros que representan para las poblaciones, sean o no indígenas.

El Señor Noël Mamère, diputado de los Verts (Verdes) y intendente de Bègles, el Señor Miguel Benasayag, filósofo y psicoanalista franco-argentino, y anterior opositor a la dictadura, la Señora Fausta Quattrini, periodista y directora del documental « La Nación Mapuche », Helia Caceres, miembro de FAL (France Amérique Latine) fueron presentes para entregar las firmas. El grupo se componía de ocho personas y un cameraman.

Aclaremos las condiciones en las que se ha recibido a la delegación. A la mañana el colectivo « D’un plateau à l’autre » había confirmado su visita por teléfono y se precisó que cinco personas podrían ser recibidas por la Señora Estela Alejandra Bursese, secretaria, Encargada de Asuntos Multilaterales en la Embajada argentina, quien tiene como misión hacer llegar la información al Señor Embajador, el cual se encontraba ausente.

A penas llegada la delegación (Noël Mamère, Miguel Benasayag, Fausta Quattrini, Helia Caceres, y un estudiante en Filosofía de La Sorbonne), la secretaria les impidió el paso, permitiéndolo sólo a tres personas,  recordandoles que estaban en un « Estado de derecho » ! Cuando en la sala cinco sillas estaban previstas para la recepción de la delegación, demostrando que se decidió en el momento esa restricción, tal vez para desestabilizar a los delegados. Lo más notable fue la invocación del « Estado de derechos » ante un opositor a la dictadura, ex-detenido desaparecido durante cuatro años y que perdió a miembros de su familia : ¡El ex-militante ha pagado un precio elevado para que este Estado de derechos pueda existir ! Aclaramos que la secretaria no conocía a ninguna de las personalidades presentes, ni a Noël Mamère ni siquiera al partido de los Verts al que pertenece, y que se recibió muy mal a la delegación.

Una vez vuelta cierta tranquilidad, la Señora Estela Alejandra se resignó a dejar entrar a las cinco personas y la entrevista pudo empezar.

Miguel Benasayag explicó el propósito de los dos colectivos : hacer conocer a la Presidente Cristina Kirchner y a los miembros de su gobierno nuestra voluntad de iniciar un diálogo sobre la política minera en Argentina. Recordó por lo tanto que la democracia no podía eludir el conflicto, y tenía que respetar a las minorías y a la « multiciplicidad ». Recordando la dura represión de oposiciones en los principios de la dictadura, insistió en la importancia, para que perdure la democracia, de permitir cierto grado de conflicto entre las autoridades y los opositores y aceptar el diálogo. Explicó el compromiso conjunto de los dos colectivos con las luchas del pueblo jujeño en contra de la minería a cielo abierto, emprendida por « Uranio del Sur S. A. ». Sus proyectos mineros amenazan la Quebrada de Humahuaca, inscrita desde 2002 en el patrimonio Natural y Cultural de la Humanidad por la UNESCO, y  a sus poblaciones, lo que ha generado la campaña de firmas dirigida a la Presidenta de la República. Recordó las acciones de información y sensibilización emprendidas en Francia, sobre los riesgos de la industria del uranio para las pueblos autóctonos, su vida, su salud, su cultura y su modo de vida, así como para el medio ambiente, tanto en el Noroeste argentino como en otras partes. Solicitó del gobierno argentino que dejara espacios de diálogo en Argentina y en el extranjero sobre este tema, y afirmó que la democracia no se puede concebir hoy en día sin tomar en cuenta las cuestiones ecológicas : economía y ecología tienen que ir de conjunto, así como ecología y democracia. Por ello expresó la voluntad de los colectivos de que el gobierno argentino integrase la ecología en el funcionamiento democrático del país.

Noël Mamère recordó que en septiembre del 2008 se habían creado el colectivo « D’un plateau à l’autre » por iniciativa de Miguel Benasayag, y el de « Areva ne fera pas la loi au Niger» (Areva no impondrá su ley en el Niger) por su iniciativa como Diputado de los Verts (Verdes) franceses, para formar desde el Norte, un puente con los paises del Sur que padecen consecuencias desastrozas para sus poblaciones y para el medio ambiente con la explotación de minas de uranio a cielo abierto. Los efectos contaminantes de las sustancias radioactivas de esas minas son de extrema gravedad para las poblaciones, el ganado, las tierras y las capas freáticas, al diseminar sustancias nefastas que permanecen millares sino milliones de años. El diputado afirmó que la experiencia nuclear lleva a políticas centralizadas y totalitarias, ya que se considera secreto de Estado, crea un sistema opaca en el que se mantiene excluida la opinión pública para asuntos tan importantes, en un Estado de derechos. Las deciciones se toman desde arriba del Estado sin tomar en cuenta a las distintas instancias territoriales. Prosiguió afirmando que « creando este colectivo, quisimos alertar al gobierno y la opinión pública en Argentina sobre los riesgos para el pueblo de Jujuy de la explotación del uranio a cielo abierto, y expresar nuestra solidaridad con las poblaciones afectadas por ese problema, inspirándonos en los derechos humanos y particularmente los que consideran el derecho de todos a vivir en un medio ambiente sano y salvo. »

Helia Caceres, de FAL, franco-peruana, afirmó su voluntad de llamar la atención del gobierno argentino sobre los peligros de la industria nuclear para las generaciones presentes y futuras, considerando que esa industria implica peligros para los que explotan la materia prima así como para los que viven en los territorios donde operan las centrales nucleares, y que hasta hoy no se conoce ninguna real solución de reciclaje para los desechos nucleares. Espera que Argentina pueda ser un país ejemplar en materia de desarrollo sustentable frente a la crisis energética, apostando a una política que privilegiara la economía de energía, la eficiencia energética y las energías renovables, más que en la energía nuclear, impulsando una política energética y minera que protejara la salud y la vida del pueblo argentino y su medio ambiente.

Luego, Fausta Quattrini, periodista y documentalista, quien ha trabajado en la realización de un documental sobre el pueblo Mapuche en la región neuquina, ha denunciado el hecho de que « los destrozos sobre el medio ambiente generados por la política minera y petrolífera ne se contabilizen ni se tomen en cuenta , como en Loma de la Lata, Provincia de Neuquén. Las fuerzas del orden público siguen expulsando familias y comunidades mapuches de sus tierras ancestrales, para dejar lugar a sociedades de extracción mineras, petrolíferas, gazíferas, etc… (por ejemplo en Barda Negra, Lof Maliqueo, Zona del Arco, Aluminé, Provincia de Neuquén, etc…). El Estado argentino no respeta a su propia constitución, ni al nivel provincial  (art. 53 de la provincia de Neuquén) ni nacional : en 1994, con la adopción de la Convención 169 de la OIT – Organización Internacional del Trabajo, relativa a los Pueblos Indígenas y Tribales, el Estado argentino se comprometió al nivel internacional, reconociendo constitucionalmente « la preexistencia étnica y cultural de los pueblos indígenas » así como « el derecho ancestral a la tierra para los pueblos originarios ».

Finalmente Donatien Costa, estudiante, del Colectivo Sí a la vida, denunció la explotación minera en un medio ambiente periglaciar y en particular el proyecto Pascua Lama y la mina de Veladero, ambas situadas en San Juan. Recordó la importancia de los glaciares como fuente de agua y reguladores hídrico en un medio árido, sabiendo que todas la actividades humanas y animales dependen del agua de los glaciares, ya muy afectados por el calentamiento global.

La delegación ha entregado el petitorio a la secretaria para que lo transmitiera, por intermedio del Embajador, a la Presidencia de la Nación. La secretaria notó atentamente todo lo que se ha dicho y los colectivos franceses tienen esperanza de que sus reivindicaciones hayan llegado a la Presidencia argentina, y en caso contrario, reiterarán su demanda a la embajada argentina.

 

 

Par Collectif D'un plateau à l'autre - Publié dans : Actions
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