Appel à soutien

Publié le par Collectif D'un plateau à l'autre

 

Appel à soutien des “Vecinos autoconvocados”, habitants autoconvoqués de Tilcara, qui résistent aux projets miniers dans la région de “Quebrada et Puna” de l’extrême Nord de l’Argentine

 

 

 

Nous sommes les “habitants  autoconvoqués” de Tilcara et Juella, villages situés dans une vallée andine de l’extrême nord de l’Argentine (la “quebrada” de Humahuaca).

 

Toute la Cordillère des Andes est, depuis quelques années, l’objet d’une agression sans précédent de la part de sociétés minières transnationales qui détruisent DÉFINITIVEMENT non seulement l’environnement, mais aussi les communautés agropastorales, leurs cultures et leur identité. On dénombre une centaine de foyers de résistance aux projets miniers, la « grosse affaire » de ces dernières années en Argentine et dans d'autres pays d'Amérique du Sud, à travers laquelle le monstre néocolonial se révèle à beaucoup (bien que pas à tous, loin de là) dans toute son énormité, tout en prêtant le flanc à nos attaques, lilliputiennes certes, mais parfois efficaces.

 

Dans notre vallée, nous luttons contre un projet de mine d’uranium, contre plusieurs projets de mines métallifères à ciel ouvert et contre l’extraction de lithium (sur le haut plateau de la Puna). À Tilcara, nous avons réussi, grâce à une mobilisation spontanée des communautés paysannes/indigènes, à suspendre, mais suspendre seulement pour le moment, les prospections d'uranium à 10Km du village. En même temps, nous avons engagé une action judiciaire qui a été rejetée en première instance. En deuxième instance (cour d’appel), en avril dernier, le tribunal supérieur de notre province, a donné tort au premier tribunal, sans pour autant donner son aval à notre demande d'annulation des permis de prospection. Cependant, l'un des quatre juges, Hector Tizón, grand écrivain argentin, a développé, huit jours avant de prendre sa retraite, une argumentation nous justifiant et se situant pleinement dans le paradigme du droit environnemental jusqu'ici jamais appliqué en matière d'industrie minière (« régie » par le code des mines), et opérant de la sorte un saut qualitatif considérable dans notre sens. Ce jugement a été considéré par la presse comme une victoire des "autoconvoqués" de Tilcara. Le jugement rendu par Tizon, non contesté par les quatre autres juges (qui pourtant nous sont défavorables), nous permet de porter notre demande devant la cour suprême nationale avec une argumentation susceptible de faire jurisprudence. Nous aurions pu accepter de retourner devant la première instance comme l'a demandé le tribunal supérieur et c'est sans doute ce que nous aurions fait s'il ne s'était agi que de Tilcara. Mais nous avons jugé que si la cour suprême nous était favorable, le jugement rendu par Tizón constituerait un précédent et servirait à toutes les luttes contre les méga-mines du pays.  L'enjeu est considérable.

 

Ces démarches juridiques et nos actions d’information et de mobilisation dépassent nos moyens. L’internationalisation de la lutte est pour nous un impératif. L’agression est transnationale, exercée par des entreprises qui viennent dans les pays du Sud non seulement parce qu’il y reste des minéraux, mais aussi parce que les lois n’y sont pas respectées. Nous ne pourrons aller au-delà de la simple protestation et parvenir à donner un véritable coup d’arrêt à la spoliation sans l’aide des militants du Nord.  De même que les entreprises minières du Canada, d'Australie, de Chine, de France, des Etats-Unis, etc. disposent de complicités locales dans le Sud, si l’on veut rendre le combat moins inégal, la Résistance aussi doit avoir des « complices » dans les pays du Nord.

 

C’est pour cela que nous faisons appel à toutes les bonnes volontés à prendre contact avec nous à travers le Collectif D’un plateau à l’autre pour que nous puissions réfléchir ensemble à de possibles actions : recherche de soutiens financiers (les actions en justice que nous menons nécessitent de fonds importants), organisation d’événements et débats afin de diffuser et d’approfondir cette problématique en Europe et envisager des articulations entre les différentes luttes sociales et environnementales des deux côtés de l’Atlantique, et dire non à ce modèle de développement dont nous sommes tous victimes. 

 

Un grand merci

D’un plateau à l’autre

Vous pouvez également nous apporter directement un soutien financier par le biais d’un versement sur le compte de CANVA.

Dans ce cas, merci de bien vouloir porter la mention « D’un plateau à l’autre »au dos de votre chèque

 

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