Et si la problématique des pollutions minières concernait aussi la France ?

Publié le par Collectif D'un plateau à l'autre


 

http://www.ddmagazine.com/images/stories/nucleaire/mines-uranium-criirad.jpg

     L’Argentine, comme bien d’autres pays d’Amérique latine, connaît depuis quelques années une recrudescence de l’exploitation minière à ciel ouvert, avec toute les conséquences socio-environnementales qui en découlent. Pollutions des eaux, de l’air et des sols, risques confirmés pour la santé des populations locales, manque d’eau relatif à la surconsommation qu’implique l’extraction des minerais (du fait notamment de l’utilisation de la technique de lixiviation) n’épuisent pas la longue liste des catastrophes provoquées par les mines à ciel ouvert.
Au Niger, même si la situation est différente du fait  de l’existence d’une rébellion armée, de l’autoritarisme grandissant du président Mamadou Tandja et des répressions violentes, les conséquences de quarante ans d’exploitation des mines d’uranium dans la région d’Agadez produisent les mêmes dommages. Il faut rajouter à cela le déplacement forcé des populations Touareg, ainsi  que les pollutions supplémentaires provoquées par l’uranium.

Honte aux entreprises françaises et occidentales qui font ce qu’elles n’oseraient pas faire chez nous ! Vous avez dit « qu’elles n’oserait pas faire chez nous » ? Rien n’est moins sur. La France, loin d’être protégée de ces désastres, a aussi son lot de pollutions minières. En effet, depuis plus de dix ans, la CRIIRAD (la Commission de Recherche d’Information Indépendante sur la Radioactivité) bataille pour démontrer les conséquences de 50 années d’extraction d’uranium en France. De 1946 à 2001, 70 000 tonnes d’uranium ont été extraites dans notre doux pays, sur 200 sites miniers localisés dans 25 départements. Les principaux gisements se trouvaient dans le Limousin, le Forez, la Vendée, la Lozère et l’Hérault. L’insuffisance des dispositifs d’autocontrôle mis en place par la COGEMA-AREVA, a générée de multiples pollutions, telles que la contamination de l’air due aux poussières et gaz radioactifs, la contamination des eaux par des métaux lourds et des radionucléides. De plus, on constate la réutilisations par les municipalités des résidus radioactifs (contenant 80 % de la radioactivité initiale du minerais), pour faire des remblais.
Bien que nous soyons loin de l’ampleur des dégâts générés par l’extraction minière en Amérique latine et en Afrique on peut constater que la problématique est similaire. Une situation qui nous paraît bien étrangère, ne l’est finalement pas tant que cela . Ce qui se passe en Argentine et au Niger, nous regarde bel et bien.


Concernant les exploitations d’uranium en France, nous vous invitons à consulter le document de synthèse rédigé par la CRIIRAD, ci-dessous, ainsi que le site
http://www.criirad.org/.



acrobat_logo.gifCliquez sur l'image pour télécharger la synthèse de la CRIIRAD

Commenter cet article

Robin Pierrick 09/02/2010 16:19



Je m’appelle Pierrick Robin et je vis près de Rennes en Ille et Vilaine. La France se targue d’être à la pointe d’une production d’énergie, nucléaire, peu polluante car elle rejette peu de CO2.
Quand il y a débat, on évoque seulement les déchets qui nous restent sur les bras mais on ne prend pas en compte les nuisances liées à l’extraction de la matière première : l’uranium. Il est
vrai que ça se passe loin de chez nous. Je voudrais alerter sur ce qui passe en Argentine à Tinogasta une petite ville de la région de Catamarca dans le Nord-Ouest argentin. Véritable oasis au
milieu du désert, au pied de la Cordillera, au bord de la route qui conduit au paso San Francisco puis au Chili. Je connais assez bien cette région pour avoir vécu plusieurs mois à Tinogasta avec
ma femme et ma fille aujourd’hui âgée de 13 ans d’abord en 2007 puis en 2008 et enfin en 2009. Nous possédons là-bas un petit « chez nous », un morceau de terre à l’extérieur de la
ville avec une maisonnette d’adobe et quelques pieds de vigne. Nous y avons surtout beaucoup d’amis qui vivent un cauchemar. Depuis plusieurs années, une entreprise minière australienne, la
Jackson Global, a le projet d’ouvrir une mine d’uranium à ciel ouvert à 8 km de la ville au lieu-dit La Higuerita !!! Les habitants ont souvent manifesté et exprimé leur opposition à ce
projet qui sonne comme un arrêt de mort pour les populations. Les plus motivés se sont regroupés en « autoconvoqué ». Dernièrement, les évènements se sont précipités. Les habitants ont
réussi à repousser l’entrée d’un bulldozer et à empêcher l’accès au site à une équipe de la Jackson Global. Ils ont organisé la surveillance du site. Les médecins se sont mobilisés pour avertir
des risques. Combien de temps pourront-ils tenir ? La mine et l’état vont-ils utiliser la force ? Nous sommes très inquiets. Les enjeux financiers sont colossaux et chacun connaît les
énormes moyens et le pouvoir des mines dans cette région. Ici, nous nous sentons impuissants. Que faire pour aider les habitants de Tinogasta à lutter et vaincre ? Que faire pour ceux de
Famatina, de Tilcara… ?    Connaissons nous le véritable prix de notre électricité pas chère.


Nous sommes prêts à nous mobiliser, à agir.


Si a la vida, no a la mina


Pierrick, Fanche y Julie